Beatrice est une jeune fille de seize ans qui vit dans dans une Chicago post-apocalyptique divisée en cinq factions : les Altruistes dénoncent l'égoïsme et mettent en avant le don de soi : ils portent des tuniques grises et font passer avant leurs besoins ceux des autres. Les Erudits "pointent du doigt l'ignorance" ; les Sincères ont pour règle principale de ne jamais mentir ; les Audacieux "dénoncent la lâcheté" et veulent n'avoir peur de rien, les Fraternels, vêtus uniquement de rouge et de jaune, privilégient le confort.
Du moins, il était sensé en être ainsi, mais les cinq factions, avides de pouvoir, dégénèrent peu à peu et des tensions apparaissent entre elles.

Le jour de ses seize ans, Beatrice doit choisir lors de la cérémonie du Choix sa faction "définitive", dans laquelle elle vivra pour le restant de sa vie. Mais avant cela, elle passe un test qui révèle ses préférences et ses aptitudes, ce qui désignera la faction dans laquelle elle a sa place. Mais le test n'est pas concluant : Beatrice a autant d'"affinités" Altruiste qu'Audacieux. Ce qui la met en danger, les "Divergents" étant considérés comme une menace par le gouvernement. Tori, la jeune Audacieuse qui lui a fait passer ce test, promet de ne rien dire, sans pour autant lui révéler quoi que ce soit sur cette particularité.
Beatrice n'en parle à personne ; arrivée dans la salle où se scellera sa vie future, elle s'avance et se place devant les coupes symbolisant les factions : une coupe remplie de pierres grises pour les Altruistes, une d'eau pour les Erudits, une de terre pour les Fraternels, une de charbons ardents pour les Audacieux, une de verre pour les Sincères. Selon la coutume, elle s'entaille la main et laisse tomber quelques gouttes de sang sur la coupe de la faction qu'elle a choisie…
Confrontée à la mort, la violence, la cruauté, la rivalité, la vengeance, la peur, mais également à l'amour Tris se fait des amis qui la soutiennent et des ennemis qui la haïssent. Tandis que dans l'ombre, une révolte gronde...
Nous faisons la connaissance de Beatrice, qui deviendra Tris et que je prévoyais être une énième Bella Swan horripilante (cette dernière est l'héroïne la plus agaçante que j'ai jamais rencontrée. J'avais envie de lui coller une paire de baffes parfois !) Belle erreur ! A la cérémonie de Choix, bien qu'on ait des pistes, elle surprend ses proches autant que les lecteurs en choisissant sa faction. Et tout n'arrive pas sur un plateau : devenue novice, appelée "Pète-Sec", elle surprend encore tout le monde, y compris ses entraîneurs (le séduisant Quatre en particulier, un mystérieux jeune homme pas beaucoup plus vieux qu'elle). Malgré des débuts difficiles (des coups de poing et des coups bas), elle finit par se faire une place chez sa nouvelle famille. Mais le livre ne parle seulement de son parcours : il présente une société futuriste effrayante ; les descriptions de combats m'ont donné la nausée tellement elles étaient précises et imaginables. Ces passages violents ne sont pas à faire lire à tout le monde.
Par certains côtés je me suis identifiée à Tris : néanmoins, elle et moi sommes bien différentes pour un grand nombre de choses - entre autres, elle n'a pas le vertige, comme le montre plusieurs fois le roman. Ce qui m'amène à parler des Peurs, éléments centraux du livres. Véronica Roth innove et c'est très agréable - le mot est mal choisi, disons plutôt que c'est bienvenu et très intéressant. Nous arrivons ainsi dans quelque chose d'inédit, le paysage des peurs : des simulations plus que réelles et très angoissantes que doivent gérer les novices. Ceux-ci apprennent dès leur arrivée à se servir d'armes, de leurs poings, on découvre une véritable brutalisation de la Société : le mode de vie dans la faction de Tris et la manière de penser de beaucoup sont imprégnés du caractère d'Eric, son leader. Aussi cruel que violent, et même complètement fou, Tris le compare à "une baby-sitter dont le passe-temps favori serait d'aiguiser des couteaux". Pas très réjouissant... Heureusement que Quatre veille au grain autant qu'il le peut. Ce jeune homme mystérieux dont on ne sait rien est un rival d'Eric. Plus humain, bien plus humain que lui ! Nous assistons à l'éclosion d'un amour partagé avec Tris : celui-ci est très réaliste, et on ne tombe (presque) pas dans la guimauve d'un amour sucré et prévu.
Bref, une bonne dystopie young-adult à réserver tout de même aux plus grands d'entre nous pour son côté très violent.

Divergent(e) (selon les différentes impressions du roman), tome 1, Veronica Roth, Editions Nathan, 501 pages.
"Au moment où le train passe, il se hisse dans un wagon en me tirant derrière lui avec une aisance confondante. J'atterris sur lui, la joue contre sa poitrine. Ses doigts descendent le long de mes bras et il me soutient par les coudes tandis que le wagon cachote sur les rails. Je regarde rapetisser la tour de verre qui recouvre l'enceinte des Audacieux.
- Qu'est-ce que tu voulais me dire? crié-je pour couvrir le sifflement du vent.
- Attends un peu, me répond-il."

Veronica Roth a seulement 24 ans, et vient d'une banlieue de Chicago. Elle a étudié à Northwestern University et a écrit Divergent alors qu'elle avait 22 ans (au lieu de faire ses devoirs ! ) Cette trilogie a remporté un vif succès auprès de ses lecteurs. L'auteur est très présente sur les réseaux sociaux et sur ses différents blogs.Une adaptation du roman a été réalisée par Neil Burger avec Shailene Woodley dans le rôle de Tris et Theo James dans celui de Quatre. Kate Winsley campe quant à elle une méchante très réaliste !




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